Instant après instant

Le Dit d'Amour (suite 4)

 

Et dans le grand livre ouvert au vent

des peines quotidiennes, elle laisse entrer sans frapper

le bouvreuil et le grillon,

les tourterelles et le chevreuil,

la rainette dorée et le mâle sanglier.

Et les bêtes, dans son livre comme dans un arche de Noé,

lui ont souri dans l’ombre des pages,

lui ont parlé tout bas dans le repli des mots,

écartant de ci, de là, les mots tristes et les mots morts,

pour qu’ils ne soient jamais écrits.

 

Seule avec son chant du monde elle a grandi,

elle a vieilli, au rythme de ce qu’elle a cru être sa vie.

Et comme si, jours après nuits, ce livre prenait vie,

comme si jours après nuits elle y glissait son âme,

livre et chant, tendrement, l’ont enlacée, elle,

la toute seule au monde abandonnée.

Qui ouvrira le livre ?

Qui comprendra l’humble secret de la vie,

cette quête obstinée d’un rien de tendresse

pour conjurer le grand froid des années ?

Qui entendra respirer le peuple du livre,

les ailes des oiseaux, le bruissement des feuilles

et ce cœur qui palpite, au cœur de la terre accordé ?

Qui pourra, d’âme franche, aimer ce livre et l’ouvrir sans trahir ?

 

Hommes, femmes, gens de la vie, gens de raison,

Qui portera ma peine, là où mon cœur la mène,

Avant que je ne meurs d’amour et de douleur ?

Hommes, femmes, gens de la vie, gens de raison,

Fermez bien vos maisons.

 

 

[in Le Dit d’Amour, M. Laffon et M. Boutroy]

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Le Dit d'Amour (suite 3)

 

Un  jour, il y a longtemps, elle s’était arrêtée

au bout du village. Là ou ailleurs, qu’importait.

Elle ne possédait rien, rien que son cœur de douleur.

Son cœur trop lourd pour elle, qu’elle voulait disperser

au gré de l’avoine folle et des fleurs de graminées.

Rien que son cœur blessé qu’elle voulait noyer

au très profond de la fontaine

pour ne plus l’entendre pleurer.

 

 

Son ami, son amour, qui le lui a volé ?

Avec le cheval alezan, les sabots noirs

tâchés de sang, s’en est allé l’amour,

et le chien vif, courant, s’en est allé aussi la mort aux dents.

Elle a jeté au loin, par-dessus les orties,

elle a jeté l’anneau d’amour trahi et,

dans le livre de papier jauni, chaque soir au bord de l’horizon,

c’est une complainte qu’elle écrit.

 

 

Souvent elle s’assoit sur le pas de la porte,

les mains abandonnées.

Elle regarde passer les saisons

qui s’en viennent et qui s’en vont

par le sang vermeil des vendanges et par le givre de novembre,

attendant patiemment l’aube nouvelle, ensoleillée,

de chaque printemps, promesse de l’été.

 

 

Depuis longtemps déjà elle s’applique à vivre.

Elle s’applique et pour ne rien oublier,  elle inscrit

dans son livre la plainte des marais, le cri obsédant

des engoulevents tournoyant dans les champs.

Elle inscrit la mort, en lettres noires, celle des bêtes,

celle des gens et puis aussi les arabesques

et le vagabondage des nuages.

 

 

 

Elle inscrit le parfum des roses pâles et de la menthe sauvage

qui envahit son cœur d’une étrange langueur

dans la tiédeur du soir.

Elle inscrit dans son livre le bleu-gris des toîts d’ardoise,

Le vert du lierre et le rouge perlant à la gorge des oiseaux.

Jours après nuits, elle inscrit l’éclat des pierres,

de l’éclair et du feu.

Elle inscrit l’air léger qui l’emporte et la berce,

aussi fragile q’un nouveau-né.

 

 

Hommes, femmes, gens de la vie, gens de raison,

Qui croyez au bonheur, n’écoutez que l’oiseau

ou l’arbre ou les roseaux.

L’amour est un menteur qui frappe à tous les cœurs.

Hommes, femmes, gens de la vie, gens de raison,

fermez bien vos maisons.

 

 

[in Le Dit d’Amour, M. Laffon et M. Boutroy]

 

 

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Le dit d'amour (suite 2)

 

Et si elle attendait toujours son promis d’amour ?

Et si c’était les jours passés sans lui qu’elle contait

dans son livre jauni, en grande litanie ?

Au village, c’est ce que tout le monde veut croire.

« Il va revenir le promis de la drôle, il va revenir bientôt,

Cette année peut-être, au pas lent de son alezan . »

Il va revenir, parce que c’est beau les vraies histoires d’amour.

Et chacun croit l’apercevoir, ou lui ou son cheval,

au détour d’un sentier, traversant un champ de blé

ou menant l’alezan à l’abreuvoir.

 

 

 

 

Alors la drôle, au fil du temps, est devenue

« la Promise », la promise d’amour…

Et depuis ces jours-là, les jeunes gens,

le soir de la Saint-Jean, avant d’aller au bal

compter les piques des étoiles

tressent des anneaux de blé tendre et de lierre enlacés

et ils les accrochent d’un ruban de soie rouge

à la haie bordant le verger de la Promise.

Messages d’amour que le vent doux d’été

murmure à ceux qui voudraient bien s’aimer.

« Ah, la Promise, si vous pouviez nous aider… »

 

 

 

Et puis passent les saisons, l’automne

et ses premières gelées mordent les anneaux de blé.

Les frimas de l’hiver recouvrent les mots doux de l’été.

Ainsi s’enfuit l’amour oublié,

ainsi passe le temps d’aimer, ainsi va la vie…

Ce n’est pas facile d’aimer.

Mais l’amour chante dans le bleu de l’été,

mais l’amour rit dans le vert des grands prés,

mais l’amour rôde à l’ombre des vergers…

Qu’importent les complaintes, voici venir l’amour

avec son grand manteau brodé.

Taisez-vous, taisez-vous !

Laissez-nous écouter sa chanson. Laissez-nous lui parler.

 

 

 

 

Hommes, femmes, gens de la vie,

gens de raison, fermez bien vos maisons.

Si  l’amour passe en murmurant quelque chanson

courez, tenant votre cœur bien serré,

courez à travers les saisons sans vous retourner

avant que d’amour ne soyez blessés.

Hommes, femmes, gens de la vie, gens de raison,

fermez bien vos maisons.

 

 

 .........

 

 

[in Le Dit d'Amour, M. Laffon et M. Boutroy]

 

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Le dit d'amour (1)

 

Elle était arrivée il y a longtemps, avant les fortes gelées de Mars.

Mais au village personne ne savait rien d’elle,

ni comment elle s’appelait, ni d’où elle venait.

On ne se mêle pas des affaires des autres.

Et puis, elle faisait un peu peur, un peu, pas toujours.

On disait qu’elle guérissait les bêtes et même les gens,

avec des plantes de lune et des herbes amères.

 

 

 

On ne lui connaissait pas d’amoureux, même du dimanche ;

mais on raconte pourtant qu’un soir, à la St-Jean,

un homme est venu chez elle, chevauchant un alezan.

Elle était là, dans l’ombre, plus morte que vive,

inquiète de rencontrer l’amour qu’elle avait tant imaginé…

 

 

 

Il devait, dit-on, lui offrir l’anneau doré pour que, de cœur lié,

elle soit toute sa bien-aimée.

Mais le cheval de l’homme, entrant brusquement dans le jardin,

a écrasé les fraises des bois cachées dans les allées

et son chien a tué les ramiers

qui roucoulaient dans les buissons du potager…

 

 

 

L’homme est parti. Elle n’a rien dit.

Elle a pleuré au hasard des nuits.

On dit qu’elle est drôle depuis,

Qu’elle raconte des histoires au vent et à la pluie,

Qu’elle danse sous les étoiles, toute habillée de blanc

Et qu’elle écrit dans un livre de papier jauni,

Personne ne sait ni pourquoi, ni pour qui.

 

 

 

Hommes, femmes, gens de la vie,

Gens de raison, mon amour s’est enfui,

Avec mon cœur qu’il avait pris.

Ah, sans faire attention,

j’avais ouvert ma maison, J’avais ouvert…

L’amour y est entré, il est passé, bien trop pressé

Pour apprendre à m’aimer.

Hommes, femmes, gens de la vie, gens de raison,

Fermez bien vos maisons.

 

.........

 

 

 

 [in Le Dit d'Amour, M. Laffon, M. Boutroy]

 

 

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Mooji et la confusion du mental

 

 

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Forum Terre du Ciel 2009

 

 
 

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Une flamme dans ton coeur

 

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Nisargatta Maharaj, le vendeur de cigarettes

 

 

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Eternellement jeune !

 

 

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Nouvelle descente policière dans un centre spirituel

 

Montpezat de Quercy - 19/01/2010 - 14h (CICNS) -

C'est au tour du Centre de Chardenoux (Terre du Ciel) en Saône-et-Loire de subir un de ces assauts policiers dont la France antisectes s'est fait une spécialité. Aucune justification à cette descente n'a été donnée aux intéressés qui supposent que la lutte antisectes aveugle et sourde est la raison principale de leur situation. En attente d'éclaircissements, ils sont actuellement dans l'incapacité de poursuivre leur activité à la suite de la perquisition qui les a délestés de tout leur matériel. Lire également le communiqué de Terre du Ciel à ce sujet qui donne les détails de cette journée noire pour les employés du Centre.

 

Source : CICNS (centre d’information et de conseil des nouvelles spiritualités)

 

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